Quand l'absurde se déguise en loi

Sur la nouvelle loi obligeant le pucage des chiens : pourquoi une bonne intention administrative se mue en démonstration d'incompétence.

Alors comme ça, à partir de demain : puce obligatoire pour Médor, certificat en prime, Rs 350 à la caisse et Rs 100 000 d’amende si on n’est pas dans les clous. Sérieusement, qui pond ce genre de lois sorties de je ne sais où ? On dirait un sketch. Le foutu texte est tellement d’une bizarrerie grotesque…

Cerise sur le gâteau : Rs 100 000 d’amende. Non mais sérieusement, qui a sorti ce chiffre ? On passe de Rs 350 pour l’enregistrement à Rs 100 000 pour la non-conformité. C’est quoi le ratio mathématique derrière ? On parle ici d’animaux domestiques, pas de blanchiment d’argent ni de trafic de drogue. Sur quelle planète un simple défaut d’enregistrement justifie-t-il une sanction financière aussi délirante ? À moins que la prochaine étape ne soit d’envoyer Médor directement en cour intermédiaire, menottes aux pattes.

Une logistique « pensée pour tous »

Soyons sérieux : la MSAW a-t-elle réellement les moyens humains, techniques et logistiques pour mener cette opération à l’échelle nationale ? Avons-nous suffisamment de vétérinaires compétents formés à l’implantation de puces électroniques ?

Et surtout, comment les familles vont-elles transporter leurs chiens jusqu’à la MSAW, quand aucun bus, aucun métro, aucun taxi ne les accepte à bord ? Faut-il louer un camion, improviser une bétaillère ou transformer son coffre de voiture en chenil ? Bravo la « logistique pensée pour tous ».

La vérité, c’est que cette loi a été conçue dans une bulle déconnectée de la réalité du terrain, sans penser aux contraintes des citoyens. On en revient toujours au même problème : l’improvisation chronique et le manque de planification.

La solution existe — et elle est simple

  • déployer des unités mobiles qui se déplaceraient de région en région pour enregistrer et pucer les chiens ;
  • associer les vétérinaires privés et les ONG afin de décentraliser et accélérer le processus ;
  • prévoir des mesures de soutien pour les familles modestes, plutôt que de les terroriser avec une amende astronomique ;
  • lancer une phase pilote avant d’imposer une obligation généralisée.

Il ne s’agit pas de contester la nécessité de réguler la population canine errante. Mais si l’on veut des résultats durables, il faut des solutions pragmatiques, inclusives et applicables — pas des décrets tombés du ciel avec des sanctions dignes d’un État autoritaire.

Aujourd’hui, ce qui est présenté comme une mesure de « bien-être animal » ressemble davantage à une nouvelle démonstration de l’incompétence administrative : une loi taillée pour la paperasse, mais totalement inadaptée à la vraie vie.

À ce rythme, il ne serait pas étonnant que la prochaine circulaire nous impose aussi de pucer nos chats, nos poules… et pourquoi pas nos enfants.

À bon entendeur…

À propos de l'auteur
Responsable de Communication